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SAP jette l'éponge et laisse Oracle racheter RetekUn quarter ! 25 cents ! C'est la différence qui permet à Oracle de l'emporter sur SAP dans la course à l'acquisition de Retek. La dernière offre de SAP était de 11 dollars par action Retek, Oracle a rajouté 25 cents par action, et cela a suffi pour que SAP décide de ne pas surenchérir.
La bataille aura été de courte durée. Après 18 mois de combat contre Peoplesoft, Oracle sera parvenu à s'emparer de Retek en seulement quelques semaines. L'issue n'était pas certaine d'autant que initialement, Retek avait clairement émis le souhait d'une fusion négociée avec SAP. Le conseil d'administration soutenait à l'unanimité la proposition de SAP, et une indemnité de rupture de contrat de 25 millions de dollars avait même été prévue.
Reconnaissons à SAP d'avoir tenu la promesse de sa dernière offre : à 11 dollars l'action, SAP indiquait que cette proposition était « la meilleure et la dernière » qu'il était susceptible de faire. Un discours convenu que Oracle avait en son temps plusieurs fois tenu vis-à-vis de Peoplesoft, revenant à chaque fois sur sa parole. L'éditeur allemand sera resté droit dans ses bottes, et aura reconnu rapidement sa défaite, forçant tout de même Oracle à mettre plus de 600 millions de dollars sur la table pour une société qui réalise moins de 200 millions de dollars de chiffre d'affaires. Le conseil d'administration de Retek se voit aujourd'hui contraint à un grand écart de communication… « Nous pensons que l'offre de Oracle est une bonne proposition faite aux actionnaires de Retek », se retrouve contraint de dire Marty Leestma, PDG de Retek, qui recommandait lui-même il y a encore quelques jours la fusion avec SAP. « Nous travaillerons aux côtés de Oracle dans les prochaines semaines afin que l'intégration [des deux sociétés] ne soit perturbante ni pour nos clients, ni pour nos employés », précise-t-il aujourd'hui. SAP, qui économise plus de 600 millions de dollars, va pouvoir les investir dans des développements internes ou d'autres acquisitions. En tous cas l'éditeur précise que l'abandon des enchères autour de Retek ne signifie en rien une baisse de son intérêt pour le domaine de la distribution, et se réserve également la possibilité de s'intéresser à d'autres cibles dans le même secteur. Reste que cet échec de SAP dans l'opération de fusion avec Retek, est indirectement une bonne nouvelle pour ce même SAP. Déjà fortement occupé par la fusion avec Peoplesoft, Oracle a du réagir à l'offre de SAP et se retrouve contraint à gérer une intégration supplémentaire. Dans le domaine informatique, le rachat d'une société n'est en réalité que le rachat des femmes et des hommes qui la composent, et qui doivent intégrer d'autres équipes. Tâche complexe comme des fusions célèbres (HP-Compaq, Price Waterhouse-Coopers…) l'ont souvent démontré. Mercredi 23 Mars 2005
Philippe Nieuwbourg
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